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Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.

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Luxembourg

Papa et moi allions souvent au jardin du Luxembourg. D'abord, parce qu'on pouvait y aller à pied (ce n'est pas très loin de l'avenue des Gobelins), ensuite parce que nous aimions ce petit parc avec ses statues vert-de-grisées, ses fontaines aux tritons dans leur pataugeoire, son bassin central où des générations de jeunes en culottes courtes poussaient des voiliers en bois avec des bâtons, et pleuraient quand l'un d'entre eux restait coincé au milieu, submergé par le jet central.

Papa et moi allions souvent au jardin du Luxembourg. Il y avait Guignol, dans son théâtre aux murs peints en vert, les tennis en poussière battue où, des années plus tard, je feraillais contre mon pote Stéphane (il était blond comme Borg, je suis brun comme Vilas), les chaisières à l'affut de culs posés à la resquille, et le manège...

... le manège. Je m'en souviens l'hiver. Habillé de mon petit manteau bleu, perché sur l'un des chevaux ligneux, je tenais fièrement une baguette à l'horizontale. Avant le signal du départ, un employé allait charger un sabot suspendu sur le côté avec des anneaux de ferraille. Le but du jeu était, à chaque passage, d'attraper un anneau et de le faire glisser le long de la baguette. A la fin du tour, on comptait les anneaux et celui qui en avait le plus gagnait un lot charmant.

J'étais assez doué à ce jeu. Mes joues étaient rouges sous la bise de décembre. Je regardais mon père qui me souriait. Je lui montrais mes trophées dérisoires et il m'encourageait comme si j'avais accompli un glorieux fait d'armes.

Puis, je descendais de cheval comme un guerrier tartare des steppes. Là, j'allais me blottir dans ses bras, ceux-la qui me manquent tant, encore aujourd'hui, vingt six ans après son départ.

Le Luxembourg, ce jardin si cher à mon coeur...

(c) Musefabe 2007

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L
Non tu ne réussiras pas à me faire pleurer..... enfin faut pas le dire ! <br /> Il y a des bras qu'on ne remplace pas, des joues froides de l'hiver qui ont un froid particulier et des regards de papa qu'on n'oublie pas.<br /> Ton texte m'émeut vraiment ce soir parce qu'il remue des souvenirs de fêtes foraines où la main de mon père avait souvent du mal à lâcher la mienne.<br /> La ptite larme là sur le clavier, faut pas le dire hein Fab', faut pas le dire. On va faire passer ça pour de la gaieté enfantine t'es d'accord et surtout pas pour la tristesse qu'ils ne soient plus là nos ptits pères? Ok?<br /> Bon ce tour ci tu me laisses attraper tous les anneaux d'accord et puis enlève ton petit manteau bleu va, au mois de Juillet, tu vas cuire.....<br /> Gros bisous émus<br /> Lady:)
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F
Promis, Lady, je ne le dirai à personne... et puis, les anneaux, je te les laisse bien volontiers, et ta main dans celle de tous les Papas du monde, aussi :-)<br /> Gros bisous<br /> Fabrice
S
Une émotion particulière à la lecture de ce texte... et je suis ravie de voir que la photo de mon article puisse t'inspirer aujourd'hui cet écrit, ce moment de vie, de ta vie que tu nous fais partager....<br /> Gros bisous et bon dimanche, Syl
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F
Merci Syl, bon dimanche à toi !<br /> Bisous<br /> Fabrice