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Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.

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Kitty

Greenville, quatre heures du matin locales.

Image de l'annonce

Anne Frank - 1929-1944

Chère Kitty,

Je n'ai pas eu à chercher bien loin pour t'inventer ce nom... mon amie Anne Frank t'écrivait déjà si souvent ! Elle qui se terrait dans un réduit avec sa petite famille, priant chaque jour pour que personne ne découvre sa pauvre cachette... Elle dont le coeur d'adolescente battait plus fort en somme que tous les coeurs d'aujourd'hui, parce que sans doute, elle pressentait l'inéluctable sans pouvoir ni vouloir trembler! Pourquoi, en effet, offrir de surcroit à  des crétins en brun et à leurs complices le cadeau de la peur que leurs actes pitoyables pourraient engendrer ?

Chère Kitty, donc, tu sembles avoir pour vocation de recueillir les confidences ! J'espère cependant que de temps à autre, depuis Anne, quelqu'un t'a donné de ses nouvelles, a pensé à toi. Tes épaules sont larges, Kitty ! Alors je t'écris à mon tour, depuis cette petite ville de Caroline du Sud où je suis arrivé hier soir après une escale à Philadelphie.Je suis dans ma chambre d' hotel. Depuis ma fenètre, je vois les lucioles rouges et blanches des voitures qui glissent sur le ruban de l' Interstate 85. J'ai dormi quelques heures puis je me suis réveillé, presque naturellement, décalage oblige. Et puis, j'avais un appel important à passer. A présent que c'est fait, je vais essayer de retrouver le sommeil.

Vas savoir pourquoi je pense à Anne Frank ce matin... Peut-être parce que plus grand monde ne le fait.  Sinon, la lacheté, l'intolérance, la méchanceté gratuite (pour autant qu'il y ait de méchanceté justifiée !) et surtout l'indifférence auraient largement battu en retraite, n'est ce pas ?

Je t'embrasse fort, Kitty

Fabrice

(c) Musefabe 2006 

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S
Ton article me replonge soudain quelques années en arrière... J'ai du lire ce superbe livre, il y 20 ans environ et j'en garde un souvenir aussi fort que l'histoire qu'il raconte... J'ai conservé précieusement ce livre et je me dis que je devrais peut être à l'émotion que me procure ton article lire à nouveau les mots d'Anne...<br /> Bisous et bonne journée, Syl
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F
Merci Syl, <br /> Parfois, je me dis que nous sommes loin d'arriver à la cheville de cette jeune fille si lucide et si enthousiaste à la fois !<br /> Bonne journée et bisous<br /> Fabrice
F
<br /> Très émouvante cette histoire faisant partie de L'Histoire... Le monde dans tout ces travers, toutes ces beautés ce trouve là, dans cette histoire. La première fois que j'ai lu son journal je devais avoir l'âge qu'elle avait lorsqu'elle le rédigeait. Je me disais donc que cette histoire finirait bien fatalement. J'ai gardé le goût de ma déception à la fin du volume... Longtemps après je l'ai relu dans une nouvelle édition sans les coupes imposées si j'ai bonne mémoire par son père. Au terme de ma lecture j'étais redevenu petit garçon, la même émotion me perlait aux yeux... Je porte aujourd'hui un intérêt à l'histoire et la politique au sens large, cela vient incontestablement de cette lecture.<br />  <br /> <br /> Merci pour ce bel hommage !<br />  <br /> <br /> PS: Contrairement à mon prénom, il n'y a pas de "c" dans son patronyme (L'œil à le don de conditionner notre façon d'écrire, j'en sais quelque chose)<br />
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F
Tu as parfaitement raison pour le nom. C'est rectifié à présent...<br /> Amitiés<br /> Fabrice
L
Lorsque j'étais au collège, j'avais une prof d'allemand (Allemande) qui avait connu le papa d'Anne Franck à sa sortie de camp de concentration et qui l'avait fréquenté à peu près jusqu'à sa mort.Elle nous avait dit qu'à aucun moment ils n'ont vraiment pensé qu'ils risquaient d'être découverts, persuadés que leur cachette était la meilleure. Que Anne était très mûre pour son âge, les circonstances aidant.Mais surtout qu'elle regrettait (ma prof) de ne pas avoir eu l'occasion de la (Anne) rencontrer. Elle était elle-même dans le camp de concentration, mais pas dans le même baraquement.Lorsqu'elle nous parlait de tout ça, on avait vraiment envie de la consoler, tant l'émotion était présente après toutes ses années.
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F
Merci pour ce témoignage, chère Lutine. Ce sont de précieuses mémoires qui s'envolent si on ne les relaye pas.<br /> Biz'<br /> Fabrice