Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.
Ce matin, c'est sur la crise bancaire internationale que je voudrais faire mon humble commentaire. Tous les ingrédients ont été réunis par une poignée d'inconscients pour faire, non pas exploser mais imploser la marmite financière où surnage le fumet peu ragoutant d'hasardeuses spéculations. Coût pour les Etats Unis: entre 100 et 300 milliards de dollars. L'ampleur de la fourchette en dit long sur l'incapacité de nos analystes distingués rivés devant leurs écrans à Londres ou ailleurs de faire une prévision crédible.
Les banques se sont comportées en acteurs irrésponsables en attribuant des de crédits immobiliers sans étude sérieuse des dossiers, sans garanties suffisantes, avec des taux alléchants à l'indexation dévastatrice en cas de retournement de conjoncture.
S'il fallait s'en convaincre, il est maintenant évident que la bulle financière est complétement déconnectée des réalités économiques et du bon sens qui va avec. Au lieu d'assoir les investissements sur des options de gouvernance liées à des entreprises identifiées, la marché boursier nage de plus en plus dans un marais virtuel où les titres des acteurs économiques sont dilués dans des "fonds" dont on ne sait plus ce qu'ils représentent.
Le besoin de liquidités est tel que non seulement les banques centrales doivent intervenir (comme la BCE à juste titre) mais que les contribuables vont devoir mettre la main à la poche (comme aux Etats-Unis, au Royaume Uni et peut-être ailleurs à moyen terme). C'est le retour forcé à des politiques d'Etats (enfin) avec le risque (ou l'opportunité ?) de voir les liquidités détenues par les fournisseurs de pétrole, de gaz, ainsi que par la Chine revenir s'investir dans les banques occidentales sinistrées (Merryl Lynch a perdu plus de la moitié de sa valeur...). Nous sommes au centre de la guerre économique et de sa perversité !
Dans ce contexte, la consommation des ménages baisse évidemment aux Etats-Unis (on parle de 2% en 2007), avec une probable contagion sur l'Europe. Et il est illusoire de penser que la Chine et l'Inde vont prendre le relais à court terme. Il faudrait pour cela que leurs économies se tournent bien davantage sur leurs marchés domestiques alors qu'elles sont majoritairement dépendantes de l'export et donc soumises aux fluctuations de la consommation des pays clients. Peut-être, pour ces pays, l'opportunité de développer leur "Consumer class" qui représente déjà 400 millions de consommateurs et, pour le monde, de trouver un modèle de développement déconnecté des notions de croissance à tout prix et de spéculation sur l'argent pour l'argent.
(c) Musefabe 2008