Eglise de la Madeleine - Paris. Septembre 2007
Nous sommes assis avec nos partitions sous couverture rouge. Nous attendons notre tour. Le requiem de Mozart. Première fois que je chante en choeur et en public. Dans quelques instants, nous nous lèverons et nous irons nous positionner derrière l'orchestre. Regarder le chef, regarder sa partition, ne pas trop la lever, rester détendu... détendu, vous dis-je. Ne pas couvrir les copains de pupitre. Regarder le chef, respirer, souffler. Attraper son départ même quand le chef ne le donne pas.... Ne pas s'emmêler les pinceaux dans le Kyrie. Rester zen.
C'est parti... La tension se relâche. Plus le temps de réfléchir ! C'est une vague qui emporte les consciences dans les notes sublimes, jusqu'à cette mesure du Lacrimosa où Mozart s'est arrêter pour mourir.
"M'aimez-vous vraiment ?"
Mais oui, on l'aime ce grand malade, cet autiste, ce génie, ce pitre, cet enfant qui grandissait malgré lui, malgré les autres, malgré les convenances.... Mais vraiment, oui, vraiment en lisant les notes et le don qu'elles déversent sur le public.
Et nous chantons, avec nos imperfections, nos doutes, nos défaillances techniques, notre foi. Allez, il y a encore de l'espoir et du travail. Avec joie, Wolfgang, avec joie !
(c) Musefabe 2007