Le 3 Juillet 1963
Chère Jeannette,
Nous sommes bien arrivés à Viallace, après un voyage un peu épuisant. Dédé conduisait bien mais il avait tendance à s'endormir. Je lui ai parlé pendant toute la fin du trajet. Brice s'est tenu été relativement tranquille, enfin, à trois ans, on ne peut pas lui demander d'être sage comme une image. Il a juste fallu s'arrêter en catastrophe parce qu'il n'a pas supporté les virages qui se succédaient avant d'arriver au village. Ici, la pension de famille est très accueillante. Monsieur Froissard se met en quatre pour nous être agréable. La tante Monique pourra se reposer et, avec l'aide de Dieu, récupérer de sa maladie. Je l'ai trouvée terriblement amaigrie lorsque nous sommes passés la prendre à Chatillon. Tout à l'heure, elle a tenu à promener Brice dans sa poussette pour une découverte du bourg. Il n'y a qu'un commerce, une épicerie avec une pompe à essence. Elle fait dépôt de pain et on y trouve les journaux du matin. Si tu veux téléphoner, tu demandes à l'opératrice le 34 à Viellace. Monsieur Froissard nous a dit qu'il nous avertirait si nous avions un appel. Dédé a garé la DS dans la cour et aussitôt, les gamins du coin sont venus l'admirer (la DS, pas Dédé !). C'est vrai, que par chez eux, il n'y en a pas tant que ça. Demain matin, nous irons chercher du lait bien chaud à la ferme voisine, cela nous fera une sortie. Ce soir, madame Froissard a dit qu'elle nous cuisinerait de l'aligot. Une spécialité d'ici à base de pommes de terre et de cantal, parait-il. Gustave et Mine, qui nous ont confié Brice, sont restés auprès de mamie Nanette. Le docteur a dit que c'était une question de jours. Je ne crois pas que le petit se rend compte. Je vais te laisser maintenant, c'est l'heure des actualités sur la télé du salon.
Nous pensons bien à toi, ma Jeannou et à notre pauvre Jo. Dédé et Monique se joignent à moi pour t'embrasser très fort.
Paule
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