Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.
Après un voyage de 11heures et des bananes, je suis à Shanghai, dans un état pseudo cracra. J'ai trouvé l'hotel, ou plutôt, mon taxi l'a fait.

On arrive en plein centre ville, après une heure de voiture. Le temps est lourd et humide. Quelques gouttes sont tombées, déclenchant une floraison de cirés jaunes aussitôt enfilés par les cyclistes qui, apparemment, ont l'habitude. On a traversé des quartiers armés de barres de grattes-ciel auprès desquelles le Val Fourré aurait des allures de coquet quartier résidentiel.
Ah oui, le cadeau. Et bien, je n'ai pas été très original, j'ai trouvé à l'aéroport un modèle réduit en terre cuite d'immeuble haussmanien, peint à la main et tout et tout. Ca devrait aller. J'espère que mon interlocuteur n'en a pas déjà une floppée dans un tiroir...
A peine arrivé dans ma chambre, je ressort parce que j'ai faim.

Et oui, il est huit heures et demie du mat et j'ai les crocs. Je m'expédie un petit déjeuner fort correct, avec des oeufs sur le plat. Devant le monsieur qui me les sert, il y a des assiettes avec, dans l'une, ce que je crois être de la sauce de soja, et dans l'autre, des petits trucs rouges apétissants. Je demande:
- Spicy ?

Le cuistot me regarde avec un grand sourire du style "j'ai rien compris mon gars, mais je vais faire semblant ".
- No, non spicy, good !
Bon, j'en prends une cuillère dont je dépose le contenu délicatement sur mes oeufs. Arrivé à table, je goûte un minuscule morceau de la chose sur la pointe de mon couteau. Bien m'en a pris, scrogneugneu, ça déchire la tronche, crévindiou de bleu ! J'évacue les piments survivants hors de l'assiette, ravi que mon début d'expérience ne m'ait pas fait croquer cette fournaise à pleine dents !
Ensuite, comme j'ai un jacuzzi dans ma salle de bains, je m'offre une séance de bulles reconstituantes

et, rasé de frais, propre comme un sou neuf, je commence à bosser.
Le déjeuner est rapidement expédié (une soupe un peu bizarre aux boulettes de porc et bambous). En guise de digestion, je décide d'aller faire un tour dans les rues proches de l'hotel.

Certains jeunes Chinois n'ont pas dû s'apercevoir que je portais déjà une montre ! Si je n'ai pas été accosté vingt fois pour me proposer sur catalogue couleur, s'il vous plait, une Rolax garantie daube, des sacs Vuikon et des chemises Lacustres, je veux être transformé illico en chinois...
... Hein ? Ben rien.
Bon, c'est vrai que j'ai beau plisser les yeux, je ne fais pas vraiment couleur locale et, bien que ne portant ni bermuda, ni chemise à fleurs, je dois être assez repérable.
Shanghai est grand, c'est rien de le dire (écrire). Je suis en plein dans le quartier des magasins de luxe (où on trouve quand même des polos en coton sympa à 4 euros le bout), de la bouffe dont les couleurs ahurissantes débordent des stands où s'affairent des vendeuses masquées comme dans une salle d'opération.

Même qu'il y a un stand l'Oréal pour faire ses petits raccords et jouer les stars

J'achète une paire de baguettes (et oui, c'est quand même pas à Toronto que je vais le faire) et je regarde quelques téléphones portables. Mais là, je crois que j'attendrai le Japon. Ceux que j'ai vus, de marque zbiglouf, n'étaient certes pas chers (128 Euros pour MP3, MPEG2, Tribande, Bluetooth, carte mémoire de 1gigot (euh, giga)), mais ils t'avaient un air de plastoc pas très fiable. En plus, je demande à vois la prise du chargeur qui, bien sûr, ne s'adapte pas aux prises françaises.
- OK OK ! me fait mon vendeur qui a flairé le pig... client.
- Ben voyons! Allez, je vais acheter un adaptateur et je reviens...
Dans les rues perpendiculaires, la Chine se dessine, à côté du strass et des paillettes.

Et vous allez me dire, elles sont où les photos ? Ben elles sont là !

A bientôt
(c) Musefabe 2007