Le petit film que j'ai publié hier a suscité cet éclairage de la part d'un ami que je remercie pour l'attention qu'il a portée à ce blog et pour le temps qu'il a consacré à en densifier le contenu. Je vous livre les précisions historiques très documentées qu'il apporte:
" Dès le début de la guerre de 1914, l'Allemagne et l'Autriche envahissent la partie russe de la Pologne.
En octobre 1917, le gouvernement bolchevick accorde, s'ils le désirent, l'indépendance à tous les États non russes de l'ex empire par le décret sur les nationalités. Le 11 novembre 1918 le général Pilsudski proclame l'indépendance de la Pologne et en devient le chef le 26 janvier 1919.
Les diplomates alliés chargés des traités de paix et des frontières, sur le conseils de géographes, élaborent une frontière Est de la Pologne sur la base de l'étude des populations: la ligne "Curzon". La Pologne refuse et réclame des territoires qu'elle possédait au XVIè siècle au moment de sa plus grande extension !!!
L'historien Pierre Renouvin, peu suspect de sympathie pour les Russes et encore moins pour les communistes écrit dans son histoire des relations internationales Hachette, 1957 p. 266: "à la faveur de la guerre civile russe, le gouvernement polonais essaie de s'emparer de territoires ukrainiens- J'ajoute il arrive à Kiev en mai 1920. Le gouvernement soviétique, aussitôt qu'il triomphe dans la guerre civile, rejette les troupes polonaises et pousse à son tour ses armées en Pologne - j'ajoute où une insurrection se développait. Le 14 août 1920, l'offensive russe menace Varsovie, que dégage, deux jours plus tard, la contre offensive polonaise. (...)
Les gouvernements anglais et français décident le 2 juillet 1920, de fournir à l'armée polonaise du matériel de guerre et d'offrir à l'État-major de Varsovie les conseils du général Weygand, sans envisager, pour le moment l'envoi de troupes; mais ils mettent à cette assistance une condition, qui répond aux désirs du Cabinet britannique: le gouvernement polonais renoncera à sa politique "impérialiste et annexionniste"; il se contentera de maintenir sa domination sur "les terres indiscutablement polonaises".
La condition posée reste pourtant sans conséquence, puisque l'armée polonaise réussit à rejeter les Russes au-delà de la ligne Curzon. Le 12 octobre 1920, les préliminaires de paix russo-polonais, bientôt confirmés par le traité de Riga (18 mars 1921) ne font qu'enregistrer la carte de guerre: la frontière se trouve fixée à proximité de Minsk et de Pinsk, c'est à dire à deux cent kilomètres à l'est de la "ligne Curzon".
La Pologne a acquis ainsi une bonne partie de la Russie blanche - avantage précaire que le gouvernement russe ne manquera pas de remettre en question, dès qu'il en aura le moyen."
Même si la propagande de l'époque a présenté les multiples offensives des alliés contre la jeune république bolchévique comme un combat pour la liberté, il me semble aujourd'hui discutable d'utiliser les mêmes termes, même si ensuite, et notamment sous Staline l'URSS a eu des visées expansionnistes.
Mais les Pays Baltes qui avaient demandé leur indépendance après la révolution bolchévique l'ont effectivement gardée jusqu'à la seconde guerre mondiale.
Pilsudski peut difficilement apparaître pour un libéral lui qui n'hésita pas à écraser dans le sang les révoltes de sa propre population quand à Weygand qui dirigeait les troupe françaises de Pologne on sait ou son anticommunisme le mena."