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Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.

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Redécouverte

Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour le trouver. Il était là, bien droit, entre deux de ses pareils. Sa pauvre couverture avait dû être somptueuse, autrefois. Le cuir, souple et odorant, dessus, les lettres d'or liquide appliquées avec le soin de l'artisan qui appuie le fer dans une volute de fumée grésillante.

L'intérieur qui se découvre, ces pages de papier blanc, légèrement parcheminé, bien épais, qui roule sous les doigts dans un feulement souple qui éclate en spirale sèche. Sur chaque page, les signes, alignés à la régulière, l'encre fine que la matière refuse de boire ou, mieux, qui ne bave pas, par respect pour le texte qui prend corps et relief dans sa posture figée pour les siècles.

Mille sept cent vingt six. Trente et un an après ta mort, Jean, quel fut le premier à ouvrir le livre de tes fables ? Quelles mains caressèrent cet ouvrage, quel yeux s'y plongèrent avec ravissement ? Garçon, fille, noble, bourgeois, qui êtes vous, vous que je ressuscite à chaque soupir qui s'exhale quand respectueusement, je me délecte à l'inépuisable source de ces poêmes d'une subversive innocence?  

La nuit est noire et les fantômes en cohortes, gentilhommes enrubannés et précieuses tenant salon retournent dans leur délicieux passé. Le livre des fables se retire sur la pointe des pages...

"Le monde est vieux, dit-on : je le crois ; cependant Il le faut amuser encor comme un enfant." Le Pouvoir des Fables(VIII, 4)

Rideau.

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L
Ah Ahhh Ahhhh mais tiens donc... Cet article me rappelle étrangement un post que tu avais fait en son temps sur Izi... C'est étrange, tout de même, cet appel, ce retour vers ces oeuvres qui semblent nous "en paumer" nous rassurer, nous caresser l'intérieur, lorsque le besoin s'en ressent... Y'a des oeuvres, comme ça, des oeuvres magiques, vers lesquelles on se niche pour retrouver le souffle... Pour ma part c'est Beckett... Et plus précisément Beckett et son Moloï... Il est usé ! Tout corné, couvert d'empruntes à n'en plus percevoir la couverture... Et je l'aime ! De plus en plus...<br /> Inutile d'en dire davantage ! Je sais que ces motstu les comprends parfaitement, Cher Fabrice !<br /> A tout bientôt !<br /> Des bises.<br /> Laurence
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