Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.
Me voici donc à Nice, d'où je poste ce message. Je me suis dit, qu'après moult poèmes et pages à dominante littéraire, il était temps que je vous informasse de certains de mes faits et gestes récents. Aujourd'hui, par exemple (je veux dire mardi). J'ai commis un saut de puce parisien avec un aller-retour Nice-Paris-Nice dans la journée.
Départ avec la navette Air France de 7h05. J'avais commandé pour l'occasion un taxi pour me prendre en bas de chez moi à 5h45. A l'heure dite, le taxi arrive, ponctuel comme un coucou suisse. Nous partons pour l'aéroport, non sans nous être arrétés à un distributeur de billets pour y retirer quelques menus fafios (notre taxi n'acceptant pas les cartes de crédit). Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, quelques secondes plus tard, je reçois sur mon portable un appel:
- Monsieur Fabrice?
- Oui..
- Je suis votre taxi, je vous attends en bas de chez vous !
- Oups...
Je me tourne vers mon chauffeur.
- Vous étiez sensés chercher qui, où ?
- Ben, Monsieur Tartempion, 96 rue des oiseaux.
- Ah! fis-je interloqué. Je ne suis pas Tartempion et je suis au 92 de la même rue.
- Saperlipopette, fait mon taxi, consterné.
- Qu'à cela ne tienne, dis-je. Je rappelle votre collègue et je lui dis d'aller chercher Tartempion.
Ce qui fut fait dans la minute. Ouf ! quel début, à même pas 6 heures du matin. J'étais content, j'avais fait, pensais-je, ma BA de la journée. Que nenni !
Je vous passe les détails de l'enregistrement et du contrôle de sécurité, nous prenons place dans l'avion et je laisse négligeamment baller mon bras gauche hors des limites de mon siège (3D si vous tenez à le savoir). Soudain, je sens mon bras emporté. J'oppose une résistance idoine, afin de contrarier cette facheuse tendance à me tirer hors de ma place et là...
...je m'aperçois que ma montre s'était accrochée au bustier en dentelles d'une jeune femme qui passait dans le couloir et que j'étais proprement en train de la déshabiller ! Le rouge au front, nous sommes parvenus à déméler la chose et tout est rentré dans l'ordre. ouf !
Retour par la navette de 17heures. L'équipage est tout guilleret !
- Bonsoirbonsoir ! Alors c'est quoi votre place ? Ouh la la, la 3D ! elle est là, elle vous attend ! Tralalalalère... ?!?
Bon, je me dis qu'il est inutile de contrarier une joie si pure et si spontanée et je m'installe. Cette fois, pas de strip-tease involontaire. A côté de moi, deux collègues de bureau (un jeune homme et une jeune femme), se crèpent le chignon:
- Ouaie, t'aurais pu me téléphoner pour me dire ce que vous avez dit à la réunion !
- Ouaie, je sais mais, tu saieuh, c'était pas facileu.
- Ouaie, tu dis ça, mais je suis sûre que tu as téléphoné à Tartempionne !
- Ouaie, c'est vrai, mais Tartempionne, je pouvais pas faire autrement !
- Ouaie, c'est déguelasse, vachement révélateureuh !
- Tu comprends pas de toutes façons...
Bon, le reste du même tonneau.
A l'arrivée à Nice, un vent à décorner les boeufs et un atterrissage un peu mouvementé.
Une fois rentré à l'appartement, un des douze travaux d'Hercule m'attend: essayer de réparer le store que le vent (le fameux qui décorne qui vous savez) vient de mettre en semi-charpie.
Je monte donc sur une chaise, essayant de vaincre un léger vertige qui me gagne (Eh, oh ! on est quand même au cinquième et dernier étage) et je ramène le bras flexible du store vers la glissière lorsque celui-ci fait de la résistance et me pousse vers le vide. J'amorce un rattrapage sur le fil et je tombe sur la chaise branlante qui avait servi à me hisser sur le rebord.
Allez, une petite déspé pour me remettre de mes émotions, avant de cuisiner un rougaï massalé dont peut-êre, un jour, je vous donnerai la recette.
Voilà, je pense que je n'ai rien oublié. Ah si ! J'ai dégusté à midi le meilleur poulet au gingembre de ma vie. Ben...
(c) Musefabe 2006