Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.
Et tout d’abord, la longue quête d’une connexion haut débit... Eh bien, le croirez vous, dans cet hôtel aux murs de marbre et aux piscines bordées de statues antiques, dans cet hôtel aux salles de conférence sur-équipées pour réunions de cadrillons en goguette, dans cet hôtel, dis-je, qui fleure bon le piz-buin et les fleurs d’hibiscus, pas le moindre adsl, pas le plus petit hotspot… Juste deux PC rachitiques à la connexion aléatoire sur le réseau téléphonique local (et je pèse mes mots)…Heureusement, avec ma carte spécial course Vodatrucmachin insérée sur le flanc de mon portable comme la lance d’Achille dans la cuisse d’Hector, j’attrape le GPRS et hop, me voilà surfant sur la toile à la vitesse d’une limace poitrinaire qui irait à confesse sous la pluie le jour de la Toussaint. Mais…je surfe, n’est ce pas là l’essentiel ?
J’avais oublié les joies de l’affichage aléatoire des pages hoquetant en puzzle pixellisé, la connexion qui lâche au beau milieu d’un mail de 147 lignes, les vidéos à la Mélies et les bannières de pub pompe-débit ! Allez, j’arrête là mes jérémiades puisque je peux malgré tout vous confier ces impressions en presque direct live !
Ici, il y a un vent d’enfer (de Zeus pfff….) qui nous déroule des vagues si balèzes qu’on se croirait à Hossegor. A chaque instant, je m’attends à voir Brice de Nice, sa planche sous le bras en train de se faire laminer par les rouleaux déferlants. La mer a toutes les teintes, du bleu sombre au vert, avec, au large, un foisonnement de moutons qui dispersent leurs embruns en vapeurs malicieuses.
Le public est constitué de quelques familles françaises et le reste, c’est à dire l’immense majorité, harmonieusement réparti entre Italiens, Allemands et Russes.Au programme, un choix de sports variés, ski nordique, bobsleigh, curling…non, j’rigole. Enfin, la gamme d’activités qu’on peut pratiquer en bord de mer dans un pareil endroit, tennis, tir à l’arc, piscine et j’en passe… Ah oui, la base nautique est en berne, rapport au vent, vous savez ?
Quant à la bouffe, il faut être un dromadaire adulte avec la volonté d’un derviche fanatique pour ne pas grossir ! Y’en a partout, c’est bien simple ! Et quand je vois la quantité de glace, de pop-corn, de sprite, de coca, de crêpes, de gâteaux et autres milk shake engloutis à toute allure par des co-vacanciers en limite de surcharge pondérale, j’ai peur, un peu...
Alors je me suis fait le pari fou suivant : non seulement je ne prendrai pas un gramme mais encore, je profiterai d’un surcroît d’activité physique doublé d’une consommation sélective de légumes méditerranéens à l’huile d’olive pour mincir un chouya. Pour l’instant, ça va…
Pour ce qui est de la bêtise, son coefficient de représentation est à peu près le même que sur terre, je veux dire dans le monde normal où on habite quand on est pas à Héraklion. Ainsi, hier, cependant que je m’exerçais au tir à l’arc tel Robin des bois en échangeant avec mes compagnons de l’instant moult sourires et politesses, nous vîmes arriver un bouledogue à face humaine en short et claquettes (ouah, le style…) qui, sans un mot, passa devant tout le monde et expédia au petit bonheur une volée de flèches qui atterrirent où elles purent, excepté, bien sûr, dans la cible. Puis, avec l’air satisfait du bourreau de Saint Sébastien, il repartit en se grattant les fesses et en se disant peut-être que le tir à l’arc, c’est décidément pas de la tarte.
Bon mais, vous direz-vous, si vous avez tenu jusque là : qu’est ce qu’il fait vraiment, le Fabe, de ses journées ? Eh bien, le Fabe, il écrit des poèmes, il lit une bio de Mao Tsé Toung (sisi), il se remet au tennis, et parfois, ou plutôt souvent, c’est à dire toutes les cinq minutes, il se demande si les hommes ont bien neuf vies, comme les chats… (c) Musefabe 2006