Amitié peu banale que celle de ces deux compères sur le tard. Georges Clemenceau et Claude Monet avaient chacun plus de 50 ans lorsqu'ils ont commencé à se voir et à correspondre. Une relation extrèmement forte s'est peu à peu développée entre ces géants. Monet, taraudé par le doute, guetté puis atteint par la cataracte, faisant et refaisant ses séries, meules, cathédrale de Rouen, puis nymphéas. Monet, un peu geignard, le coeur sur la main, perclus de malheurs, de joies infimes, contesté, hai, encensé, reconnu enfin... Clemenceau, droit dans ses bottes, inflexible, redoutable orateur, "tombeur de ministères", contesté, hai, encensé, reconnu puis battu, enfin...mais, en présence de Monet, affectueux comme un père, comme un frère, comme un ami... Maniant tour à tour mots d'amour et mots d'humour, jusque dans la menace de mettre fin à son amitié, Clemenceau a insufflé à Monet le courage de finir les panneaux que celui-ci avait promis à l'Etat pour célébrer la victoire de 1918 et qui figurent aujourd'hui au musée de l'Orangerie des Tuileries.