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  • : Le titre de ce blog est "regards". Regards sur le monde, regards sur les autres, sur les amis, sur les êtres qui marquent ma vie, sur les laissés pour compte anonymes qui meurent de notre indifférence et ne survivent que de notre regard.
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En passant...

ami(e)s ont visité ce blog depuis le 16 Juillet 2006 ! Merci à tous de passer me voir de temps en temps :-) !
7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 23:17

Cela faisait 3 heures que Jean Lafurgue était assis devant le vieux bureau de son oncle. Rien à faire, l'inspiration ne venait pas. Il avait pourtant acheté du beau papier recyclé blanc cassé garanti lavé à l'huile de lin extra vierge, un stylo Mount White à chargeur latéral à piston compensé, une fine paire de lunettes en bronze Afflelourd. Il était sobrement vétu d'une robe de chambre en fibre de pilou damasquiné, qui couvrait de son amplitude molle un pyjama détresse velour lie de vin du plus bel effet.

La lampe de banquier éclairait  les mains de Jean posées à plat sur le rebord du meuble. Les doigts tapotaient un rythme improbable - tapotap-tipiditip chiche-kebab et j'en passe.

Pas facile, non, pas facile d'écrire une chanson!

Soudain, ce fut l'illumination... Les lèvres de Jean Lafurgue, comme mues par une force tremblotante extérieure, se mirent à fredonner sur l'air des lampions:

- Reviens! Oui, reviens! Non, ne pars pas... si tu pars avant, je me tue et je relutte!

Cette fois, c'était la bonne... Il le tenait, son tube!

- Reviens, oui, toi! Pas la voisine qui s'est tirée avec le blé des allocs! Reviens, sans toi, je suis qu'une loque!

Une petite rasade de rhum arrangé et Jean reprit de plus belle:

- Reviens, burp... pardon! Et oui, sans toi, je bois, et je me terre dedans (les bois)!

- Maintenant, la musique, se dit Jean en branchant son orgue électromécanique Farfisa 110  volts. Il n'eut pas plus tôt appuyé sur la première note (un mi de belle facture, ma foi), qu'une gerbe d'étincelles folâtres jaillit de l'instrument et étendit raide notre apprenti compositeur.

Avant de rendre son dernier soupir, il eut le temps de chanter une dernière fois:

- Reviens, raahhhh...

Le lendemain matin, la vieille bonne bigote de Jean Lafurgue répondait aux questions du commissaire Ducelier.

- Il écrivait souvent, votre patron?

- Oh non, Monsieur le commissaire, c'était la première fois qu'il essayait.

Ducelier s'essuya le front avec un mouchoir usagé.

- Ca alors, quel talent! Fauché en plein essor!

Puis il s'éloigna pour revenir un peu plus tard...

 

(c) Musefabe 2010.Les contes du jour d'après

 

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Published by Fabrice - dans Nouvelles-romans
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commentaires

Lady Angel 08/04/2010 09:43



Rassure moi : t'as pas de bonne??? ni d'orgue???? hahaha


Bizoux


Lady;-)